A la recherche du temps perdu

Marcel Proust

La première impression que j'ai eu en lisant cette œuvre a été : « cela va être comme cela jusqu'à la fin ? Ce n'est pas possible, il ne va pas tenir le coup » . Je pensais qu'il n'allait pas pouvoir tenir une telle beauté d'écriture pendant sept volumes.

Par la suite, je n'ai pas modifié mon opinion, mais j'ai tout même trouvé des passages à l'écriture alambiquée.

Les souvenirs

L'évocation des souvenirs est l'aspect le plus connu de l'écriture de Proust. L'anecdote de la madeleine nous est relatée dès le premier volume, « Du coté de chez Swann ». D'autres arriveront rapidement, et Proust s'y référera tout au long de l'œuvre. Ce sera la façon dont une église apparaît au détour d'un chemin, d'abord cachée puis dévoilée par la pente d'une colline. Ou encore un bateau au loin qui vogue sur le rebord de la fenêtre et en traverse le montant. Des détails observés dans l'oisiveté d'une enfance ou d'une adolescente et qui prennent une importance démesurée au cours de la vie.

Dans ce même ordre d'idée, la progression des souvenirs, leur transformation, lorsqu'il fait la connaissance de Albertine sont décrites avec détails. Lors de la deuxième rencontre, la personne à qui il a à faire n'a plus rien à voir avec celle qu'il a connue lors de la première rencontre, qui n'existe plus que dans ses souvenirs.

L'aristocratie

Il dépeint ce milieu, ou plutôt le « grand monde », en feignant un certain mépris, alors qu'il est fasciné et attiré par lui. Les seules personnes intéressantes, les « êtres supérieurs », appartiennent à ce milieu, dont il n'est pas, mais dont il rêve et aspire à être.

Il y a des longueurs sur ce thème, qu'on arrive à supporter grâce à la beauté de l'écriture.

Le personnage du narrateur

Le personnage du narrateur de « La recherche », celui qui parle à la première personne dans le roman, est censé être Proust lui-même. Il ne cite jamais son nom, même lorsqu'il est interpellé par ses autres personnages. Seul son prénom est cité.

Mais je doute qu'il s'agisse bien de l'auteur. Le personnage, lui, est un fils de riche bourgeois, plutôt oisif, qui fréquente la haute noblesse, l'aristocratie, et le « grand monde », lui qui se dit ni de l'un ni de l'autre. Mais il ne semble manquer de rien puisqu'il envisage d'offrir une voiture, et même un yacht, à sa fiancée afin de mieux la retenir, alors qu'il n'exerce lui-même aucune activité lucrative. Tout au plus est-il censé écrire des articles pour une revue vers la fin du roman.

Un point à la fois commun et contraire de ce personnage avec l'auteur, est qu'il envisage un temps de devenir écrivain, puis qu'il y renonce définitivement, n'ayant manifestement aucun talent. Nous sommes heureux de la contradiction !

Conclusion

En conclusion, je dirais que c'est évidemment une œuvre qu'il faut avoir lue. Globalement je ne contesterais pas la renommée qu'elle a, en tant que l'une des plus belles œuvres littéraires du XXième siècle (avec un début au XIXième).

Note

Proust commence l'écriture de « A la recherche du temps perdu » en 1907, il a 36 ans. Le dernier volume paraîtra après sa mort, qui a lieu en 1922, où il a 51 ans.