Sous les yeux occident

Joseph Conrad

En Russie des tzars , un jeune homme anti-révolutionnaire se voit pratiquement pris en otage par un révolutionnaire qui prépare un attentat. En s'incrustant chez lui, le révolutionnaire pense être protégé par son silence, sa volonté de cacher cette relation compromettante.

Le jeune homme va dénoncer le révolutionnaire, au cours d'une démarche qui lui semble des plus routinières, ne faisant que son devoir. L'activiste est arrêté et condamné à mort. Toutefois le jeune homme se méfie de l'autorité à laquelle il s'adresse, craignant d'être pris pour un complice (qui se serait livré à un règlement de compte, devine-t-on entre les lignes).

Loin d'être inquiété par le milieu révolutionnaire pour son acte, le jeune homme va passer pour un héro. Une bonne partie du roman va décrire ce quiproquo, dont le lecteur se demande longtemps l'origine.

On finit par apprendre que l'activiste, dans sa correspondance avec son entourage, décrivait le jeune homme comme un ami « l'ayant beaucoup aidé ». On se demande la raison d'une telle discordance entre la correspondance et les faits, et on devine vaguement que les relations entre les deux hommes avaient pu être meilleures dans le passé, et que l'activiste n'avait peut-être pas encore actualisé son discours dans sa correspondance.

Toutefois, on devine aussi que l'activiste profite de la dégradation de leur relation pour écarter tous scrupules à prendre le jeune homme pour otage.

Alors que l'action commence en Russie des tzars, qu'on devine proche de celle de la révolution, elle va se poursuivre en Suisse où ce beau monde est plus ou moins exilé, ayant apporté, ou plutôt attiré, avec lui (je ne sais plus pourquoi) le jeune homme.

La suite du roman décrit ensuite nombre de réceptions ou, au contraire, d'entretiens informels devant une porte cochère ou le portail d'un parc, où le jeune homme apprend l'importance de son auréole dans le milieu.

Je vous laisse découvrir la fin de l'histoire.

Dans ce roman, comme dans quelques autres, Conrad excelle à faire un roman « à la russe ». Lorsque j'ai lu ce roman, je ne savais pas que Conrad était de mère russe, ce qui explique ce talent.