L'étranger

Albert Camus

Ce roman est à la première personne, dans un style récitatif, un peu monotone, qui m'avait rebuté la première fois où je l'ai lu, lorsque j'étais adolescent. J'avais alors abandonné, après avoir lu une dizaine de pages, bien que cette lecture nous était commandée par le cours de français.

A plus de soixante ans j'en ai repris la « lecture », ou plutôt l'audition, grâce à un enregistrement d'une émission de radio des années 60, que j'ai trouvé sur le Web, où Albert Camus lui-même lit son roman.

« L'étranger » de Camus, lu par l'auteur, donc.

Pendant longtemps il ne se passe pas grand-chose, le narrateur relate des détails, « j'ai fait ceci », « j'ai dit cela », « je n'ai pas répondu », sur un ton assez monotone. C'est lorsqu'il conclut ces anecdotes par un « tout cela est sans importance » qu'on se dit qu'il se ment à lui-même, qu'il faut rembobiner le film, et que tous ces détails cachaient en fait quelque chose d'important qui nous a échappé d'abord.

C'est de cette façon anodine que va survenir l’événement central du livre : un crime, commis par le narrateur. La victime est un de ces arabes, comme les colons d’Algérie de cette époque appellent avec mépris les autochtones.

La suite du roman relate des conséquences de cet acte : le procès, la prison, l’aumônier… Une circonstance aggravante est que le narrateur a été « peu ému » par le décès de sa mère, comme le témoignera le personnel de l'« asile », où il est accusé d'avoir « enfermé » sa mère.

Pendant la première partie du roman, avant que ce drame n'arrive, on assiste à la description, au demeurant pittoresque, de personnages médiocres, peu recommandables.