Avant Adam, les demi-hommes

Jack London

Roman de science fiction à l'envers : l'auteur raconte comment aurait pu se passer l'évolution des espèces pré-hominidées vers l'espèce humaine actuelle. L'artifice de l'auteur est le suivant : le narrateur revit dans ses rêves des tranches de vie de ses ancêtres très lointains, de l'époque de l'homme des cavernes.

Ces hommes ne possèdent qu'un langage rudimentaire, ne communiquant que par grognements. Ils sont incapables d'échanger des idées élaborées. Ne portant aucun nom, le narrateur leur en attribue un en se basant sur l'aspect qu'ils ont. Il nomme son camarade, adolescent comme lui, « Oreille pendante », se référant à cette disgrâce de son visage. Il nomme un vieillard « Os à moelle » et la brute de la tribu « Œil rouge ».

Ils se nourrissent sur les lieux de leur pèche, leur chasse ou leur cueillette, il ne songent pas à faire des stocks. Un jour, une femme a l'idée d'emporter des baies dans une calebasse, plutôt que de devoir toutes les manger sur place. Elle vient d'inventer le récipient et le principe du magasin, du stock.

L'ancêtre du narrateur et son compagnon « Oreille pendante » s'amusent à « naviguer » dans la rivière grâce à des troncs d'arbre. Étant dans des positions instables, ne cessant de rouler autour du tronc d'arbre et de plonger dans l'eau, ils finissent par observer qu'ils obtiennent une meilleure stabilité en associant les deux troncs et en les retenant ensemble par les pieds. Ils ont inventé un esquif rudimentaire, mais, dit le narrateur, « ils ne songeaient pas à associer plusieurs troncs plus petits, à les assembler grâce à des lianes, afin d'en faire un pirogue ».

L'ancêtre du narrateur fait partie de la tribu, ou plutôt de l'espèce, des « Hommes des cavernes ». Mais d'autres tribu-espèces coexistent, dont les « Hommes des arbres » et les « Hommes du feu », qui peuvent être plus évoluées, se développer en plus grand nombre, avoir des ambitions territoriales, et menacer les « Hommes des cavernes ».

Un jour l'ancêtre du narrateur (qui se nomme lui-même, ou plutôt que l'auteur nomme « Grandes dents », je crois) et son compagnon, en vadrouille, découvrent des braises abandonnées par les « Hommes du feu ». Ils attisent les braises en les remuant avec des branches non encore brûlées, réveillent le feu et trouvent cela très distrayant. Ils finissent par mettre le feu à la forêt et s'enfuient, retournant à leur caverne.

Un jour « Grandes dents » (le narrateur) rencontre « La rapide », une jeune femme qu'il nomme ainsi car elle est très agile. Elle est probablement issue des « Hommes des arbres » ou peut-être des « Hommes du feu » (je ne sais plus, peut-être que c'est le même peuple). Il dit qu'il est « attiré par elle », ou quelque chose comme cela. Le narrateur, lui, vivant au XXième siècle (ou XIXième) dispose d'un vocabulaire évolué, mais il ne souhaite pas en dire plus que ce qu'il y avait dans la tête de son ancêtre, autant qu'il puisse en juger.

Ils finissent par se mettre en couple, devine-t-on, et ils ont un enfant.

Ce qui est en filigrane dans ce roman, c'est « voila comment (je (moi l'auteur)) pense que l'homme a évolué, s'est perfectionné, a progressé », même si cela n'est pas dit de façon aussi directe, évitant ainsi la controverse, ce n'est qu'un roman.