Le Chevalier de Maison-Rouge

Alexandre Dumas père

Nous sommes à quelques semaines de l’exécution de la sentence prononcée par le Comité de Salut Public à l’encontre de Marie Antoinette d’Autriche, ex-Reine de France, dite « veuve Capet » : la peine de mort.

Le personnage principal, Maurice, est un révolutionnaire convaincu, membre, avec son ami Lorin, de la Garde Nationale, ou un organisme similaire dont j’ai oublié le nom.

Un complot est organisé par un groupe de royalistes « ci-devant », mené par le Chevalier de Maison-Rouge.

Maurice est pris à partie par ce groupe, à la suite de je ne sais plus quelle circonstance, alors qu’il ne sait pas encore qu’il s’agit d’un groupe contre-révolutionnaire. On lui bande les yeux, on l’enferme dans une serre, dans la propriété de Dixmer, un notable, membre du groupe.

Le groupe se rend compte que ce prisonnier est encombrant, qu’il risque de les compromettre dans leur entreprise, et de les dénoncer. Cet uniforme atteste qu’il s’agit d’un officiel du régime, on ferait bien de le supprimer purement et simplement.

Dixmer n’est pas de cet avis et pense, au contraire, qu’il pourra les aider dans leur entreprise, et leur ouvrir les portes du Temple, où la Reine est enfermée pour le moment. Il s’agit de se faire passer après de Maurice pour des révolutionnaires convaincus.

On le délivre de ses liens et on l’invite à souper, arguant qu’on s’est mépris sur son compte. On discute longuement et on se rend compte que Maurice parle avec déférence de la Reine, pour un révolutionnaire. C’est plutôt de bonne augure, à tel point que Geneviève, l’épouse de Dixmer, est séduite par l’homme.

Dixmer met sa jalousie dans sa poche et charge pratiquement son épouse de sympathiser avec Maurice, pour la bonne cause. Et ce qui devait arriver arriva.

Tant que seul Maurice était amoureux de Geneviève, celle-ci insiste auprès de son mari pour l’éloigner d’elle, mais en vain. Dixmer prétend qu’il n’y a aucun risque, qu’il a « confiance en elle ». Plus tard, il s’en repentira quand elle cédera à l’idylle.

Maurice fait ce qu’il peut pour convaincre ce petit groupe qu’il ne s’intéresse qu’à leur amitié. Ce sont des gens très bien, amoureux de la Patrie et de la Révolution. Il s’attache à ce milieu, ces gens, leur entourage, les visite souvent.

Mais les deux amoureux, comme il faut bien les appeler désormais, finissent par céder à leur attirance.

Vient un jour où Maurice, dans le cadre de son « état », comme on disait alors, c’est-à-dire dans l’exercice de ses fonctions, en compagnie de son ami et collègue Lorin, et avec des « municipaux » sous leurs ordres, est chargé d’arrêter des gens soupçonnés de comploter contre la République.

Maurice s’était ouvert auprès de Lorin de son idylle avec cette « dame », mais sans en révéler le nom. En revanche, Lorin, qui connaît le nom du soupçonné de complot, ne va l’apprendre à Maurice qu’au beau milieu de ce coup de force policier. Maurice sera effondré d’apprendre qu’il s’agit du mari de Geneviève, Dixmer, et que ce petit groupe de ses nouveaux amis est en fait un foyer de royalistes.

Après moult péripéties, que je passe, deux complots sont organisés en concurrence pour faire évader Marie Antoinette, l’un par Dixmer, l’autre par le chevalier de Maison-Rouge, qui n’est d’abord connu du lecteur et de Maurice, que sous la fausse identité de Morand, « le chimiste ».

Ayant appris que sa femme Geneviève le trompait avec Maurice, Dixmer veut la punir de mort, mais que cette mort soit utile. Il entreprend de la substituer à Marie Antoinette, dans la prison du Temple, afin qu’elle meurt à sa place sur l’échafaud, sauvant ainsi l’Autrichienne.

Mais Dumas ne réécrit pas l’histoire, et ces deux complots vont évidemment échouer. J’arrête là le récit, afin de donner envie de connaître la suite.

Très bien écrit pour un roman feuilleton, où Alexandre Dumas, comme dans tous ses romans, emboîte le pas de Eugène Sue, créateur du genre, avec « les mystères de Paris ».